La séance sera consacrée, exceptionnellement, à la discussion de Pouvoir de la sociologie, de Karl Mannheim, traduit de l'allemand par Dominique Linhardt.
Lien Zoom à obtenir auprès de Julia Christ
Séminaire de philosophie et de sciences sociales, proposé par Pierre-Henri Castel à l'EHESS dans les trois parcours de Master de philosophie de Paris Sciences Lettres: philosophie contemporaine, philosophie sociale et politique, philosophie de l'esprit, du langage et de la logique.
La séance sera consacrée, exceptionnellement, à la discussion de Pouvoir de la sociologie, de Karl Mannheim, traduit de l'allemand par Dominique Linhardt.
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Références
Chronologie et bibliographie des troubles borderlines
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A/ Quatre textes textes cliniques pour un portrait complexe.
B/ Un problème de périodisation: scientifique et sociopolitique.
C/ Comment construire une relation substantielle entre ces deux séries ?
D/ La reformalisation de l'informalisation et la naturalisation de la condition borderline
1. Contexte: le deuil impossible de l'"individualisme vigoureux" d'antan (dans la "jérémiade américaine"). Moi "faible" des années 1950, "narcissisme" des années 1970 et dégénérescence du self "libéral". Christopher Lasch comme figure idéologique exemplaire: l'informalisation perçue comme relâchement général des liens sociaux.
2. La reformalisation comme transformation-assomption de l'informalisation en conduite normative (de l'injonction à être "cool" au "politically correct". Son contexte politique à partir de Reagan: conservatisme social (évangélisme) et ultra-libéralisme (déréglementation, financiarisation et mondialisation) L'effet de la reformalisation: Culture Wars et Identity Politics des années 2000, à gauche. Puis à droite, les réponses antiféministes, le rejet de l'informalisation comme woke.
3. La reformalisation comme obligation faire aux individus et non plus aux relations entre les gens d'établir et de stabiliser le relâchement contrôlé du contrôle. Les thérapies post-psychanalytiques des borderlines: Masha Linehan. Le cas du néo-bouddhisme thérapeutique (mindfulness) comme technique strictement personnelle de régulation des émotions.
D/ Conclusion. Retour sur la naturalisation des faits psychologiques comme défaut de réflexivité sociale: idéal du Moi (Freud) et du Nous (Elias). Un problème sociopolitique d'intégration des personnes à la société ? Qu'est-ce qu'une "personne" dans la modernité avancée ? Pas des "expériences de pensée" abstraites mais des crises socio-historiques et l'émergence de souffrances psychiques spéciales, mais liées à l'émergence d'un nouvel appareil psychique.
Références
Chronologie et bibliographie des troubles borderlines
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A/ Quatre textes textes cliniques pour un portrait complexe.
1. A. Stern, 1938, ni névrose classique ni non plus psychose ("schizophrénique"), mais "à la limite". Le patient dit "schizoïde", en retrait. Des symptômes massivement relationnels.
2. Un cas "romancé" (?), la "Laura" de R. Lindner, 1955. La patiente pseudo-hystérique (au moi faible) hypersensible et le poids central du transfert comme espace de crise interpersonnelle.
3. Le DSM III et la tentative de synthèse plutôt psychodynamique des années 1980: une personnalité, voire une "organisation", plus qu'une liste descriptive syndromique. Le borderline comme objet encore trop freudien, à déconstruire.
4. Le DSM 5 de 2013,et l'état actuel du tableau clinique, avec retour au strict descriptivisme et à la naturalisation. Qu'on peut y retrouver aussi bien le patient schizoïde que la patiente hypersensible.
B/ Un problème de périodisation: scientifique et sociopolitique.
Deux généalogies en concurrence: épistémologique et interne à la psychiatrie, et en relation avec les transformations du self américain (de l'identité nationale et personnelle: de l'"idéal du moi" et de l'"idéal du nous").
C/ Comment construire une relation substantielle entre ces deux séries ?
1. Le deuil impossible de l'"individualisme vigoureux" d'antan (dans la "jérémiade américaine"). Moi "faible" des années 1950, "narcissisme" des années 1970 et dégénérescence du self "libéral", Culture Wars et Identity Politics des années 2000.
2. Du capitalisme productiviste au capitalisme consumériste. Le citoyen producteur-consommateur et l'émergence d'une vaste classe moyenne (cols blancs) dans un Etat-Providence contesté par les idéaux du libéralisme. Exploiter l'autocontrainte dans le sens de la prise d'initiative et de la coopération. Industrie de services, relations humaines, marketing : l'opérationnalisation et la marchandisation progressives des relations affectives. Le poids spécifique des femmes.
3. La divergence radicale d'avec la psychanalyse après 1980 et le retour perpétuel de la "relation" problématique entre patients et thérapeutes: comment calmer la dysrégulation des émotions sociales quand l'idéal du moi est celui d'une autonomie-autarcie, et quand l'idéal du nous est en crise ? Les calmants "spirituels" du néo-bouddhisme thérapeutique comme voie vers la "coolitude".
4. La divergence radicale des nouvelles thérapies d'avec la psychanalyse et la naturalisation du mental comme problème de sociologie de la connaissance. La naturalisation des faits psychologiques comme défaut de réflexivité sociale. Un problème sociopolitique d'intégration des personnes à la société ?
D/ Conclusion. Qu'est-ce qu'une "personne" dans la modernité avancée ? Pas des "expériences de pensée" abstraites mais des crises socio-historiques et l'émergence de souffrances psychiques spéciales, mais liées à l'émergence d'un nouvel appareil psychique.
Références
Chronologie et bibliographie des troubles borderlines
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A/ Quatre textes textes cliniques pour un portrait complexe.
1. A. Stern, 1938, ni névrose classique ni non plus psychose ("schizophrénique"), mais "à la limite". Le patient dit "schizoïde", en retrait. Des symptômes massivement relationnels.
2. Un cas "romancé" (?), la "Laura" de R. Lindner, 1955. La patiente pseudo-hystérique (au moi faible) hypersensible et le poids central du transfert comme espace de crise interpersonnelle.
3. Le DSM III et la tentative de synthèse plutôt psychodynamique des années 1980: une personnalité, voire une "organisation", plus qu'une liste descriptive syndromique. Le borderline comme objet encore trop freudien, à déconstruire.
4. Le DSM 5 de 2013,et l'état actuel du tableau clinique, avec retour au strict descriptivisme et à la naturalisation. Qu'on peut y retrouver aussi bien le patient schizoïde que la patiente hypersensible.
B/ Un problème de périodisation: scientifique et sociopolitique.
Deux généalogies en concurrence: épistémologique et interne à la psychiatrie, et en relation avec les transformations du self américain (de l'identité nationale et personnelle: de l'"idéal du moi" et de l'"idéal du nous").