dimanche 8 décembre 2019

Chapitres de livre et articles pour l'évaluation

Choisir un texte dans la liste ci-dessous et en présenter une analyse détaillée: présentation exacte du contenu, et discussion conceptuelle en fonction des enjeux du séminaire.
Il est possible de faire des suggestions différentes, mais mon accord est indispensable.
Les fiches de lecture attendues sont d'une dizaine de pages.
  • "Hegel pragmatiste?", Philosophie n°99, automne 2008: au choix l'article de McDowell, de Brandom ou de Pippin.
  • Abram J. & R.D. Hinshelwood, The Clinical Paradigms of Melanie Klein and Donald Winnicott, Routledge, 2018: un des chapitres.
  • Brandom R., Reasons in Philosophy: Animating Ideas, 2009: un des chapitres.
  • Brandom R., L'Articulation des raisons, trad. franç., 2009: l'introduction ou un des chapitres.
  • Brandom R., "Towards Reconciling Two Heroes: Habermas and Hegel", Argumenta 1 (2015), 29-42 (en ligne)
  • Callegaro F., La Science politique des modernes. Durkheim, la sociologie et le projet d'autonomie, 2015: un des chapitres.
  • Cometti J.-P., Qu'est-ce que le pragmatisme? Gallimard, 2010, les chapitres 3, 5 ou 7.
  • Durand-Gasselin J.-M., "Actes de parole et théorie critique" in De l'Action au discours: le concept de speech act au prisme de ses histoires, B. Amboise (éd.), ISTE, Londres, 2018.
  • Freud A., Le Traitement psychanalytique des enfants, trad. franç., PUF, 1951.
  • Freud S., "Analyse de la folie d'un garçon de cinq ans", trad. franç., Oeuvres complètes IX, p.1-130.
  • Kahn L., Cures d'enfance, 2004: un des chapitres.
  • Karsenti B., D'une Philosophie à l'autre. Les sciences sociales et la politique des modernes, 2013: "Appartenir à la modernité"
  • Klein M., La Psychanalyse des enfants, trad. franç., PUF, 1959, le chapitres 1 ou le 2.
  • Habermas J., "De Kant à Hegel. La pragmatique linguistique de Robert Brandom", in Vérité et justification, Gallimard, 1999.
  • Lemieux C., Le Devoir et la grâce, 2009: un des chapitres.
  • Wanderer J., Robert Brandom, 2008: un chapitre parmi les quatre premiers.
  • Loeffler R., Brandom, 2018: un des chapitres.
  • Mannheim K., Idéologie et Utopie, trad. franç., éditions de la Maison des sciences de l'homme 2006: "Sociologie de la connaissance".
  • Perinetti D. & Ricard M.-A. (éds.), La Phénoménologie de l'esprit de Hegel: lectures contemporaines, 2009: au choix l'article de Brandom, de Pinkard ou de Siep.
  • Price H., "Expressivism for two voices", in J. Knowles & H. Rydenfelt (éds.), Pragmatism, Science and Naturalism, Peter Lang, Zürich, 2011, p.87-113.
  • Winch P., L'Idée d'une science sociale et sa relation à la philosophie, trad. franç., 2009: un des chapitres.
  • Winnicott D.W., La Consultation thérapeutique et l'enfant, trad. franç., Gallimard, 1971: la préface de Masud Kahn, "Une certaine intimité".

lundi 18 novembre 2019

2. Philosophie "et" sciences sociales: pourquoi Brandom?

Lectures recommandées

Habermas J., "De Kant à Hegel. La pragmatique linguistique de Robert Brandom", in Vérité et justification, Gallimard, 1999. (Original en anglais)
Durand-Gasselin J.-M., "Actes de parole et théorie critique" in De l'Action au discours: le concept de speech act au prisme de ses histoires, B. Amboise (éd.), ISTE, Londres, 2018.
Karsenti B., D'une Philosophie à l'autre. Les sciences sociales et la politique des modernes, Gallimard, 2013: notamment le chapitre "Appartenir à la modernité".
Lemieux C., Le Devoir et la grâce, Economica, 2009.
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(Enregistrement de la séance)

(suite et fin de la séance 1)

B/ D'un antinaturalisme critique abstrait à un programme concret de dénaturalisation en philosophie de l'esprit: "philosophie sociale" de l'esprit et sciences sociales.

1. Rappel de la séance précédente:
  • La timidité de l'antinaturalisme philosophique devant le fait épistémique qu'il y a des sciences sociales (Winch). Considérer d'abord ces sciences comme expression moderne ultime de l'enquête des Modernes sur leur condition  : la "société des individus" (Durkheim, Elias, Dumont). La fin de la philosophie politique "classique" et le problème inédit de la démocratie (Karsenti).
  • L'intrication décisive de deux récits: l'histoire rationnelle de l'autonomisation réflexive et critique des Modernes dans sa forme philosophique depuis les Lumières, et l'ambition scientifique de dénaturalisation de la socialité humaine portée par l'histoire et la sociologie (Callegaro).
  • Tout autre chose qu'une "épistémologie" des sciences sociales: une co-appartenance de la philosophie moderne et des sciences historiques et sociales au développement autonomisant de la réflexivité collective.
2. Deux défis métaconceptuels pour une philosophie vraiment sociale de l'esprit.
  • Une fois posée l'antériorité du social-discursif, comment justifier la genèse dialogique d'un contenu conceptuel-propositionnel objectif?
  • Comment déplier la philosophie comme expression-articulation de la rationalité réflexive des Modernes?
C/ Pourquoi Brandom?
  • Ces deux défis relevés dans un cadre pragmatiste, et considérés comme les deux faces du même problème. Ni représentationnalisme, ni fondationnalisme — mais un "système".
  • Pragmatique normative (Kant, Wittgenstein) et sémantique inférentialiste (Frege, Dummett, Sellars): Making It Explicit (en allemand, Expressive Vernunft).
  • Une histoire rationnelle de l'intentionnalité et de la représentation dans la philosophie des Modernes: Tales of the Mighty Dead.
  • Une reconstruction du développement de la logique du 20ème siècle en termes expressifs: Between Saying and Doing.
  • Une redécouverte de Hegel et du caractère normatif-social de la production de la rationalité objective via la reconnaissance (Anerkennung): The Spirit of Trust.
  • Là où Brandom s'arrête: le débat avec Habermas, et l'engagement concret avec l'enquête empirique en sociologie pragmatiste (Lemieux).

mercredi 6 novembre 2019

1. Philosophie "des" sciences sociales, philosophie "et" sciences sociales, reprise

Lectures recommandées

Callegaro F., La Science politique des modernes. Durkheim, la sociologie et le projet d'autonomie, Economica, 2015.
Cometti J.-P., Qu'est-ce que le pragmatisme? Gallimard, 2010.
Winch P., L'Idée d'une science sociale et sa relation à la philosophie, trad. franç., Gallimard, 2009.
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(Enregistrement de la séance)

A/ Le "champ de bataille" (Kampfplatz) de la philosophie de l'esprit contemporaine

1. Le tropisme naturaliste de la philosophie de l'esprit dominante
  • Le postulat de l'antériorité réelle des intentions sur les significations linguistiques et les actions.
  • L'idée d'un contenu propositionnel qui serait mental.
  • Le statut central de la représentation et la sémantique de la vérité qui s'y articule.
  • Le besoin d'un contact "causal" entre l'esprit et le monde et ses solutions neurocognitivistes-évolutionnistes.
  • Les "sciences de la nature" comme idéal de rationalité, l'individualisme méthodologique.
  • La philosophie naturaliste de l'esprit comme instance épistémologique critique des "sciences sociales". Importance cruciale de la rationalité économique.
  • Remarques sur l'organisation sociale de la pratique de la philosophie ainsi comprise.
2. Les résistances à ce tropisme purement internes à la philosophie (les motifs néo-wittgensteiniens de l'antinaturalisme critique)
  • L'importance du langage ordinaire (la logique, fait discursif ou fait mathématique?) et le primat du langage et de la vie sociale.
  • Ce n'est pas vraiment l'intentionnalité qu'on naturalise (intentionnalité-raison et intentionnalité-cause).
  • Le statut non-naturalisable des normes de la rationalité (Davidson).
  • Comment répondre à l'objection du dualisme: qui peut encore croire à un esprit "séparé"?
  • Remarques sur le caractère socialement minoritaire des thèses antinaturalistes.
3. D'un antinaturalisme critique abstrait à un programme concret de dénaturalisation en philosophie de l'esprit: "philosophie sociale" de l'esprit et sciences sociales.
  • La timidité de l'antinaturalisme philosophique devant le fait épistémique qu'il y a des sciences sociales (Winch). Considérer d'abord ces sciences comme expression moderne ultime de l'enquête des Modernes sur leur condition  : la "société des individus" (Durkheim, Elias, Dumont). La fin de la philosophie politique "classique" et le problème inédit de la démocratie (Karsenti).
  • L'intrication décisive de deux récits: l'histoire rationnelle de l'autonomisation réflexive et critique des Modernes dans sa forme philosophique depuis les Lumières, et l'ambition scientifique de dénaturalisation de la socialité humaine portée par l'histoire et la sociologie (Callegaro).
  • Tout autre chose qu'une "épistémologie" des sciences sociales: une co-appartenance de la philosophie moderne et des sciences historiques et sociales au développement autonomisant de la réflexivité collective.

vendredi 1 novembre 2019

Annonce du séminaire pour 2019-2020

Le principe général du séminaire et sa visée pédagogique est de rapprocher la pratique effective des sciences sociales des enjeux d’ordre argumentatif et conceptuel, philosophiquement pertinents, qu’elles soulèvent. Réciproquement, ce séminaire vise à formuler ou reformuler certaines questions débattues en philosophie morale, en philosophie de l’esprit et du langage et en épistémologie des sciences sociales, en les confrontant aux enjeux des enquêtes empiriques qui les prennent pour objet (voire de susciter de telles enquêtes).
L’hypothèse est que philosophie et sciences sociales, sans préséance de l’une sur l’autre, peuvent, correctement articulées, déployer des dimensions inaperçues de la réflexivité critique dans les circonstances historiques qui sont les nôtres.

Le séminaire est également inscrit dans le parcours de « philosophie contemporaine » co-habilité par l'ENS

Le séminaire 2019-2020 continuera les travaux de l'année précédente, en les centrant tout particulièrement sur la notion de représentation. Je l'aborderai sur deux axes, un premier, épistémologique et sémantique, en relation avec les notions d'intentionnalité, de référence et d’objectivité, et un second, psychologique et anthropologique, en relation avec les notions d'image, de signe et de symbole.

Je continuerai donc le commentaire de Making It Explicit de Robert Brandom, en passant à la deuxième partie du livre, explicitement consacrée à cette notion. Et je poursuivrai également l'enquête amorcée sur la psychanalyse des enfants, en m’intéressant aux usages qu'on y fait du dessin pour avoir accès à des contenus psychiques inconscients.

Dans l'un et l'autre cas, l'accent sera mis sur des manières spécifiquement pragmatistes de mener l'enquête philosophique.

Je commencerai par une reprise circonstanciée des résultats du séminaire de l'an passé, pour ceux et celles qui n'y auraient pas assisté.